Ragusa

Un prix décerné pour les jeux Expert par des Experts

Ragusa

C’est fou comme la géographie inspire les auteurs de jeu. Je me demande toujours si la ville précède l’idée ou si on cherche à postériori une ville plus ou moins connue comme prétexte à une mécanique. La seule chose certaine c’est que cela me permet de découvrir et me renseigner sur des lieux dont je n’aurais jamais eu vent sans cela. Après, il ne faut pas se tromper d’histoire, quand vous vous renseignez, car de prime abord Google vous enverra ici en Sicile, alors que vous devez tourner vos yeux sur la Croatie.

Ragusa est l’œuvre de Fabio Lopiano, l’auteur de Merv, qui l’édite ici chez BrainCrack Games, le groupe de joueurs qui a déjà édité Venice, tandis que l’on doit à Atalia la version française que vous trouverez en boutique. L’illustrateur est Bartlomiej Roczniak qui signe son deuxième travail sur un jeu après (ou avant) Venice.

Ragusa est en fait l’ancien nom de la ville de Dubrovnik, qui était une plaque tournante du commerce avec l’orient au 15ième siècle. On vous propose ici en 12 tours (à 4 joueurs) de monter un commerce stable tout en protégeant la ville d’attaques futures (mais sans impact sur le jeu).

A chaque tour de jeu vous placerez une maison au croisement de plusieurs hexagones, afin de les activer ou d’installer une source de revenu. Il y a deux types d’hexagones : ceux des campagnes et ceux de la ville.

En campagne, en plaçant votre maison, vous augmenterez votre production de ressource. Cela est symbolisé par une carte à 4 côtés (et 2 faces) ayant des valeurs de 1 à 8, que l’on place sous le symbole de la ressource. C’est votre accès à celle-ci, on ne la dépense pas (sauf le poisson), donc cette valeur ne descendra jamais.

En ville, d’un côté il y a les hexagones à action unique (lors de la pose ou en fin de jeu), qui vous donne un bonus one shot. De l’autre, les hexagones réactivables, qui donnent leur bonus à la pose, mais qui redonnent leur bonus dès qu’un autre joueur s’installe autour (pour chaque maison déjà présente). Il y a donc un intérêt important de se placer sur ces hexagones en premier afin de profiter de l’activation que vous donneront les autres joueurs.

Afin de poser une maison, il est nécessaire d’avoir du bois (pour la campagne) et de la pierre (pour la ville). Le coût de pose pour chaque hexagone est lié au nombre de maisons présentes tout autour, mais l’on n’additionne pas les hexagones, on doit simplement disposer d’une rentrée de ressource égale au prix le plus grand. C’est sans doute la notion la plus spécifique et novatrice qu’il faut réussir à comprendre. Par exemple, si vous posez une maison entre 2 campagne et 1 ville, que sur 1 hexagone de campagne cela constituera votre 3ième maison autour, que sur l’autre ce sera votre deuxième, tandis que c’est la première de vos maisons sur l’hexagone de ville, vous devez avoir accès à 3 bois + 1 pierre pour poser votre maison (3 bois / 2 bois è plus grand = 3 bois + 1 pierre).

Les autres ressources de la campagne sont les olives, le raisin et le minerai. Ces 3 fournitures seront transformées en produits finis, qui cette fois sont bien comptabilisés par une piste centrale, en activant des hexagones de ville. Ces ressources améliorées peuvent être vendues (sur un autre Hex) au prix du marché ou dépensés pour faire commerce avec des bateaux (qui modifient le prix du marché up and down).

Mais les hexagones de ville les plus recherchés dans un premier temps sont ceux permettant de placer des murailles ou des tours (qui se placent sur les maison) tout autour de la ville, car en fin de partie, vous gagnerez 1 PV par muraille/maison/tour vous appartenant sur la plus grande section continue. Comme une tour se place sur une maison, il faut qu’un (ou plusieurs) autre joueur place maison + tour sur un emplacement pour couper votre série, souvent sans intérêt tactique autre que bloquant. Comme ces hexagones sont réactivés à chaque placement de maison, être le premier placé assure de mettre 6 vois une tour/muraille durant la partie, un fort marqueur pour les PV de fin.

Heureusement, il n’y a pas que les murailles pour faire des PV et les joueurs ont aussi accès à des cartes objectifs pouvant scorer chacune jusqu’à 12 PV (acquises sur un Hex non réactivable + 1 au départ), ainsi qu’en récupérant des bateaux de commerce (comportant en sus des symboles nécessaires à certains objectifs). Les score de fin de partie se terminent avec la cathédrale où les joueurs peuvent vendre une série de produits finis (lingot d’argent, huile d’olive, vin) au prix du marché par maison qu’ils ont placés en cours de jeu.

Terminons par préciser qu’il n’y a aucun requis pour se placer sur les hexagones d’eau fournissant du poisson, qui peuvent scorer des PV (1 pour 2 poissons) ou être échangés en une autre ressource au besoin.

C’est simple, nerveux, rapide et agréable, tout ce que l’on veut retrouver dans un jeu Connaisseur accessible à tous. S’il fallait lui trouver une faiblesse, c’est dans l’ordre du tour qui favorise le premier joueur, pouvant se placer sur un hexagone de ville réactivable, qui profitera au maximum de son placement. Il vous faudra ruser pour ne pas suivre immédiatement le premier joueur en vous plaçant vous-même sur les autres hexagones réactivables du jeu.

Profiter des murs, des ventes, des bateaux mieux que vos adversaires vous permettra de l’emporter sur Ragusa et, pourquoi pas, de refaire une autre partie dans la foulée. Simple et efficace, avec le même type de matériel et de rangement que Venice, c’est apprécié par toute la famille. Curieux désormais de connaître la prochaine production de BrainCrack Games.

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