Pax Hispanica

Avoir un nouveau Pax entre les mains c’est toujours un moment suspendu. On sait déjà que l’on va vivre une aventure à nulle autre pareille mais qu’avant cela il y aura une lecture horrible des règles (ils n’ont jamais compris comment les écrire pour les rendre lisibles et compréhensibles) et un amas de micro-règles variant selon les moments. Autant crever l’abcès de suite, Pax Hispanica ne faillira pas à la règle. Des règles spaghettis dans lesquelles ont commence par lire les aspects historiques avant de décider de passer outre pour rester focus. Afin de m’en sortir un tant soi peu, je prends près de 4 heures ( !! oui oui !!) pour écouter les règles expliquées en québécois sur la version Tabletop du jeu. C’est sympa, il prend le temps de le faire et de mettre de l’humour dans les règles, mais on n’en voit pas le bout. Une fois avec une vue d’ensemble et fine du jeu, la lecture est alors supportable (21 pages de si-alors-sinon quand même) et j’attaque les explications des règles avec un semblant de courage.
Première partie à 3 (sur 5) joueurs. Comme conseillé, personne ne jouera l’Espagne qui, dans ce jeu asymétrique, commence la partie avec 3 coudées d’avance sur les autres. Ce sera donc notre punching ball préféré pour la partie. Français, Anglais et Néerlandais sont au départ. Les règles sont douloureuses (surtout pour les 2 gars qui découvrent ce que c’est 😉) et je les vois se décomposer au fur et à mesure des 1h15 d’explication. Ils partent donc un peu groggy pour ces années (tours) de jeu.
Chaque manche est composée de 4 ans. Se découpant en
- Production : ordre du tour / ajout de citoyens dans les cathédrales / Engager ou Kidnapper des travailleurs ou esclaves dans sa colonie / Destruction de la colonie vide / Production d’or dans 2 zones du plateau / Libération des esclave riches / Paie des Citoyens)
- Achat de carte : aux enchères ou selon sa profession
- Jouer ses cartes : déplacement de son personnage sur la grille des professions / activation de 1 à X actions de la carte selon son développement / réduction de sa main selon son développement
- Naviguer : depuis l’Europe vers la zone de piratage / vers les zones de pillage pour ramener un butin en Europe
Je ne vais pas aller plus loin dans les explications de règles, tellement tout est dense (4 h de vidéo pour rappel) mais les joueurs entament la partie en faisant des essais. Comme de bien entendu, il y aura des erreurs, non pas de règles (car au final tout est clair et cohérent), mais d’estimation de puissance de l’une ou l’autre action. On va très peu sur le plateau, se concentrant sur les navires pirates et les titres de noblesse. Résultat, je fini El Patron du jeu en étant le joueur le plus titré et roi des pirates. C’est fini en 1h30, un peu plus que l’explication des règles ! Cela peut sembler étonnant, mais c’est souvent ainsi avec les Pax et leur découverte, il y a un joueur qui atteint un des objectifs car personne ne l’a contré (alors que les options existent, mais pour une découverte…).
Comme mes joueurs comprennent qu’ils ont fait des erreurs dans leurs choix (un des joueurs termine moins développé qu’au départ) et que cela n’a pas duré, on réinitialise le jeu et on repart. Cette fois les choix sont plus fort et chacun part dans une voie (profession) différente en vue d’atteindre son déclencheur de fin. Les autres regardent un peu plus ce qui se passe et on profite de ce qui se passe partout. Les colonies fleurissent dans le jeu et les coups de p..es et les extorsions (on négocie beaucoup dans le jeu) vont bon train. Mais comme la vengeance est un plat qui se mange en sauce, les retours de bâtons sont aussi fort violents avec de l’intimidation en prime. C’est ce qui fait que le jeu apporte des souvenirs, qu’il vous marque, dans ces moments de menace et de fourberies pour vous freiner ou vous faire mal. Quel les personnes susceptibles ou de type Calimero passent leur chemin, ce n’est pas pour eux. Les fourbes seront aux anges. Alors que tous les joueurs voient la victoire au bout du chemin, une décision tactique de mes adversaires pour me bloquer (les méchants) va provoquer la victoire du Coloniste que je suis, en mode Tea Party, grâce à une bande de révoltés sur le plateau. Ils étaient focus sur leur mode de victoire et m’ont offert la mienne sur un plateau (et n’ont pas voulu reprendre leur coup en bons joueurs qu’ils sont).
C’est bon, c’est bon, c’est bon ! J’ai toujours une certaine passion pour ces Pax qui me donnent des sensations de jeu (que je ne retrouve autrement que chez l’éditeur d’Hegemony). Si les règles étaient mieux écrites, ils passeraient un tel cap de plaisir dès le départ… Il faut aussi dire que le jeu est en anglais et plein de texte (il y a une énorme Pierre de Rosette qui explique les icônes tout en anglais) ne le rendant pas très accessible avec un anglais de base. Je ne sais pas si des éditeurs comme 500 nuances de Geek feront encore l’effort de la traduction, comme Pax Renaissance, mais je ne peux que l’espérer.
Il me reste à essayer de repartir dans une nouvelle aventure, mais à 4 minimum afin de voir les impacts d’un joueur espagnol surpuissant à table. Ha… nous avons joué avec la version Retail et il faut avouer que les 80 € pour du matériel aussi cheap (bout de carton, plateau semi-papier qui bouge à l’humidité ambiante) c’est un poil déconner. Je crois que faire l’achat du Deluxe (bon, plus dispo mais en seconde main ?) pour du matériel en bois et plus cartonné ne semble pas dénué de sens (quand on est déjà à 80 € autant aller à 120 € 😊) ou alors réutiliser du matériel d’un autre jeu voire de son imprimante 3D. J’espère pouvoir le proposer lors de la finale de l’EGA dans une semaine ! Trop bien !













