Pandemain

Un prix décerné pour les jeux Expert par des Experts

Pandemain

Pandemain de Javier Fuentes et Rafael Oliva chez Amphora Games

Pandemain était l’arrivée du KS que j’attendais le plus en septembre, le visuel me parlait et j’espérais des choses intéressantes de ce placement d’ouvrier. La découverte de 30 pages de règles (anglais ou espagnol) me douchait un peu, mais elles sont au final suffisamment aérées pour être digestes. J’ai laissé de côté les 4-5 pages pour les parties solo ayant trop rarement le temps pour y jouer, mais j’ai été étonné de trouver tout un paquet de carte pour cette option de jeu.

Niveau plateau, rien de fou, mais tout de bonne qualité. Seul bémol la petitesse des marqueurs comptabilisant nos ressources (eau/lait/sel/levure), pour leur manipulation avec des gros doigts et parce qu’un petit coup sur le plateau personnel les fait trop vite glisser de position. Ceux qui le voudront pourront pimper ces petits marqueurs avec des pièces 3D plus sympa. Un soucis (ou est-ce un style ?) d’impression pour les cartes des maîtres boulanger ne met pas clairement en lumière la recette qu’il peut apprendre, pour le reste rien à redire.

Mise en place assez logique, comme l’ensemble du jeu. On part sur 5 jours (manches) pour faire du pain et le vendre. Chacun à son tour place un travailleur sur une des cases du plateau commun (pas de case privée sur plateau personnel). La plupart des cases permettent de s’y placer à plusieurs, parfois un coût est lié à ceux qui sont déjà en place.

Globalement, on va récupérer des ingrédients (farine de différent type et des ressources intégrant la composition du pain), aller cuire notre pain en respectant (ou pas) une recette ancestrale et ensuite vendre notre pain frais dans les villages alentours (ou au châtelain) selon leur demande. Comme on est au moyen-âge, il faudra aussi se faire bien voir du clergé (surtout de l’inquisition) en faisant diverses offrandes (et redéfinir l’ordre du tour). Quand vient la nuit, seul le boulanger peut faire un coup complémentaire, dans un panel d’actions limitées (comme cuire son pain ou puiser de l’eau à la rivière).

Ce qui est d’emblée bien c’est que toutes les actions proposées sont logiques et dans le thème.

  • On va au marché, au grenier à grain, au moulin, à la ferme, à la rivière pour nos ingrédients ou améliorer notre commerce (avec un boeuf, un chariot ou même une vache pour son lait).
  • On engage un maître boulanger pour connaître des recettes autres que le pain de seigle de base (pour gagner plus d’argent et de PV) et on va cuire son ou ses pains (selon les ingrédients cumulés), qui seront de mauvaise ou bonne qualité selon que l’on aura respecté la recette à la lettre (concernant les farines) ou pas.
  • On vend un pain au village ou au serviteur du châtelain rapportera PV, PO et réputation (en + ou -) selon sa qualité et le niveau de demande.
  • On passe chez le châtelain pour demander un emprunt (sans intérêt)
  • On veille à se faire bien voir par l’église pour éviter des pénitences

Dans tout cela, l’argent est la colonne vertébrale du commerce et il faudra agencer nos 4 actions par manche (qui peut monter à 5 en se faisant bien voir du clergé) pour ne pas trop dépenser pour collecter nos ressources diverses. Faire trop de pain sera pénalisant, car chaque jour où il n’est pas vendu le dépréciera (allant jusqu’à être donné pour les animaux), et il faut donc essayer de produire (de préférence plusieurs pains) et de vendre dans le même tour. La cuisson de nuit proposée est une bonne option pour avoir du pain frais dès le petit matin et ainsi économiser un coup sans déprécier son travail, mais bosser de nuit coûte une pièce de plus, cela doit s’organiser. Les maîtres artisans sont aussi une nécessité, mais ils ont aussi un coût journalier (et la possibilité de s’améliorer pour connaître deux recettes).

Ce qui est bien dans ce genre de jeu, c’est que l’on voudrait tout faire, mais qu’il faudra faire des choix, définir ses priorités et comme souvent (quand les places sont plus chères plus tard ou pas toutes accessibles), il vaut mieux ne pas se mettre dans le rythme des autres pour avoir accès aux actions sans se télescoper ou il faut assurer sa première place. Le jeu tourne très bien (2h à 4 pour une première), sans grand temps mort, et puisque l’on touche directement ses actions au placement des ouvriers, on sait ce qui est possible ensuite dans nos choix de développement. On se rend cependant compte que faire le meilleur pain (de blé) est complexe et que l’on n’a pas eu le courage d’aller jusque là (avant la fin de partie), car le jeu est tendu niveau argent et qu’on joue un peu à la petite semaine.

Post partie, avec le recul, on voit que l’on n’a pas profité au maximum de certaines actions, comme la possibilité de faire un échange (2 ressources contre 1 PV surtout) pour ensuite replacer son travailleur à une place normale, surtout en fin de jeu quand on a assez de ressources. Ce sont des PV à grignoter, mais quand on termine à 3 sur 8 Points, c’est important. Plusieurs zones sont importantes, il faudra apprendre avec l’expérience à leur donner un coût énergie/gain adéquat, mais on sent que l’on a une belle courbe d’apprentissages dans toutes les petites subtilités du jeu. Il a plu a tout le monde et l’envie d’y revenir est forte.

Ce Pandemain est bon comme le bon pain ! 🙂

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