Xenology

Ce que j’aime à Essen, c’est qu’il y a tellement d’offres que, parfois, en s’éloignant des jeux hyper exposés, on finit par tomber sur un titre qui ne paie pas de mine… mais s’avère être une très bonne surprise. C’est ainsi que je suis reparti avec un jeu hyper coloré sous le bras…
Xenology est un jeu édité par Play to Z, une maison d’édition qui ne vous dira peut-être rien, mais dont le créateur vous parlera davantage : Zev Shlasinger, fondateur de Z-Man Games (le “Z” n’est pas un hasard 😊) et ancien directeur chez WizKids. Son auteur, Dan Manfredini, signe ici son 10e jeu, mais le premier dont le poids dépasse 3. Le jeu est très coloré et illustré par William Bricker, qui a déjà travaillé sur des titres connus comme Terraforming Mars: Ares Expedition ou Kanban.
Les règles sont très claires, pleines d’exemples, et les explications sont assez simples. À deux joueurs, on embarque dans le vaisseau spatial au centre du plateau (qui ressemble à un “Simon” 😉). Depuis ce vaisseau, nous allons, chacun notre tour, réaliser une action, jusqu’à ce que tous les cubes de la réserve d’un joueur soient épuisés. Alors — chose rare — chacun continue encore à jouer des tours d’action le temps d’épuiser les marqueurs de rang collectés durant la partie. Une très bonne idée, qui incite à les récolter.
À chaque tour, on déplace simplement l’un de ses aliens sur une case d’action adjacente, ou bien on monte dans une navette. Les actions sont simples :
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Monter dans une navette : selon sa position par rapport à la Terre (la plus proche se pose en premier), on gagne des cartes, on fait tourner la rivière de cartes et/ou on fait remonter les traces de notre passage sur Terre (ce qui rapporte un bonus selon leur nombre).
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Poser une carte : elles permettent de progresser sur une des pistes des Anciens et de récolter un ou deux bonus. Cette piste libère des marqueurs de rang pour jouer plus longtemps et obtenir plus de “lockers” si l’on progresse dans toutes les colonnes.
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Gérer le stock de spécimens : après avoir réservé une ligne de caisses à remplir (un “locker”), on place une caisse vide sur son plateau. Quand on la ramène avec le spécimen récupéré sur la planète, cela rapporte des bonus dépendant de son type. Ces types vaudront aussi des PV en fin de partie.
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Poser les navettes : chacun peut placer sur la planète ses aliens en attente dans les navettes. On choisit des emplacements selon son objectif de récolte (caisses et cartes). Le joueur actif gagne des bonus selon le nombre d’aliens déposés.
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Agir sur la planète : chaque alien posé sur Terre peut soit se déplacer et découvrir une case (pour récupérer une carte, et un bonus toutes les 3 explorations sur des continents différents), soit rejoindre le vaisseau central en laissant une trace de son passage, tout en remplissant les conditions des cartes et de sa caisse si l’endroit de récupération est du bon type.
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Encoder ses data : on dépense des cartes pour placer un puzzle de données sur lequel on déplace les cubes posés sur les cartes complétées. Ces cartes permettent de scorer des PV selon les caisses de spécimens remplies. Sachant que les cubes sur les data valent au moins 2 PV, c’est clairement une action que l’on vise.
Précisons ici que, pour réaliser toutes ces actions, vous aurez besoin de cubes : ils partent vite, et vous choisirez souvent ce bonus proposé par les Anciens pour refaire votre stock. En même temps, c’est le déclencheur de fin de partie : autant qu’il avance, autant qu’il met la pression. 😊
C’est simple, et pourtant il faut anticiper ses actions et profiter des occasions offertes par les autres. En ce sens, cela a un petit goût de Puerto Rico : le joueur précédent vous ouvre des opportunités que vous saisirez… ou non. Cela se gère facilement à 2, mais aura sans doute un impact plus fort à 4. Des tuiles aux pouvoirs divers et variés peuvent être récupérées lors d’actions “gros bonus”, et leur gestion procure des avantages sans être complètement broken.
J’ai passé un très bon moment (près d’1h30 quand même, à deux). Le matériel est tout à fait correct, le plateau est aéré tout en prenant une certaine place. J’y reviendrai volontiers, ne serait-ce que pour découvrir les interactions plus fortes d’une partie à 4 joueurs, avec le risque d’un downtime peut-être plus conséquent.
Xenology fera sans doute partie des quelques jeux (avec Norsemen) hors large diffusion qui m’auront le plus surpris cette année. Bravo à lui.









