Paneveggio

Après deux parties (à trois joueurs et en solo) de Paneveggio de Creative And Cool , je dois avouer ne pas encore savoir quoi en penser. Ce qui est certain, c’est que sa gestion des actions via une partition est à la fois innovante et perturbante pour mes joueurs.
Pour expliquer rapidement, chaque joueur dispose d’une portée (composée de lignes et de colonnes) sur laquelle sont placées des notes (une par colonne). Chaque ligne correspond à un type d’action, et plusieurs notes consécutives permettent d’améliorer cette action. On joue la partition de gauche à droite, en réalisant les actions dans l’ordre d’apparition. C’est beau, malin, différent…
Mais que fait-on avec ces notes dans Paneveggio ? Des violons, pardi ! Paneveggio, c’est le bois aux violons cher à Stradivari. Les actions vont donc de la récolte de bois à la fabrication ou la réparation de violons, en passant par l’étude ou l’activation de ses contacts. Lors des tours où l’on souhaite améliorer son book et son aura, on met en avant la qualité de ses violons, on signe de nouveaux artistes et on engage des apprentis (source de points de victoire).
Je ne peux que saluer l’innovation, mais elle a laissé mes joueurs perplexes. Ils n’ont pas su percevoir toute la subtilité de son utilisation et ont finalement très peu modulé cette mécanique (alors qu’on peut déplacer les notes à son tour grâce à une ressource : l’étude). Un sentiment de répétitivité les a alors envahis jusqu’à l’anesthésie…
Je sens – ou j’espère – qu’il y a plus que ce que j’ai vu dans ces premières parties. J’ai passé du temps à theorycrafter la meilleure façon de se développer (il faut dire que le bot le plus facile m’avait déjà talonné en solo). J’en suis venu à penser que la réussite dépend fortement des apprentis que l’on pioche. Dans ma première partie, j’ai tout misé sur en avoir le plus possible. Dans la seconde, axée sur la différence entre apprentis, je n’ai quasiment jamais pioché (uniquement grâce à des bonus). Mais dans les deux cas, une fois mon plan en tête, je l’ai répété continuellement. Gagnant, certes… mais est-ce vraiment bon pour le jeu ?
On nous invite à jouer chez les autres pour profiter du pouvoir de leurs musiciens. Mais les cartes sont physiquement éloignées du regard, et passer son temps à demander « Elle fait quoi, ta carte niveau 2 ? » devient vite lassant. On préfère alors jouer chez soi ou utiliser le plateau central (plus cher, mais plus accessible).
Je m’interroge encore sur la rentabilité d’activer les musiciens. J’ai trouvé leurs pouvoirs faibles par rapport à l’énergie dépensée, au point de m’en passer totalement lors de ma deuxième partie, sans regret ni impact notable.
Ce qui est encourageant, c’est que, d’après ce que j’ai vu, les différentes voies de développement se valent : on a fini dans un mouchoir de poche. Mais sans vraiment bousculer la bête… J’espère qu’une meilleure gestion de mes partitions me permettra d’augmenter mes scores lors de mes prochaines parties.
J’y reviendrai donc, avec d’autres joueurs, pour recueillir de nouveaux avis et, je l’espère, parvenir à lire un peu mieux entre ses lignes.




