Nova Roma

Un prix décerné pour les jeux Expert par des Experts

Nova Roma

Il était temps de jouer au dernier jeu pick à Essen 24, Nova Roma. Ce n’était pas une priorité puisque le jeu m’avait été présenté comme une version européenne d’un jeu paru aux USA en 2023. Mais le calme de ce début d’été me permet enfin de le sortir.

Le plongeon dans les règles, en français, m’abasourdit. Dès la première page d’explication, je découvre des phrases incomplètes, des lettres manquantes dans des mots, des phrases sans sens… Je suis tellement déçu par ce manque de professionnalisme de Queen Games, qui ne prend visiblement pas la peine de faire relire le travail du correcteur par un francophone lambda (car à ce niveau, il n’est pas besoin d’être bon en orthographe), ou – j’espère plus vraisemblablement – n’a pas envoyé la version finale du fichier de règles à l’imprimeur. Dans tous les cas, c’est choquant.

Passons la forme pour entrer dans le fond du jeu. Nova Roma vous propose de participer à la fondation de la Nouvelle Rome sur le site de Byzance par l’empereur Constantin. Pour ce faire, on passe par un placement d’ouvriers sur un tableau à double entrée reprenant les 8 actions possibles du jeu. Poser son ouvrier donne ainsi accès à deux actions dont la force (1 à 3) dépendra de deux facteurs : du nombre de ses propres ouvriers ET/OU de l’empereur déjà placés sur la ligne ou la colonne. Comme la pose de l’empereur est choisie par le premier joueur, on comprend rapidement que cette première place peut être déterminante pour son plan de développement.

Chacune des 8 actions offre des options multiples, et plusieurs se croisent dans leur intérêt :
• Naviguer : fait progresser son bateau pour récupérer des bonus et des PV en réalisant des contrats (dépense de ressources).
• Construire : place des cubes dans la ville dans 3 quartiers pour des bonus et des PV de majorité en réalisant des contrats à PV.
• Commercer : gagne de l’argent et en dépense pour acheter des ressources.
• Influer : gagne de l’influence et améliore sa production via un bâtiment.
• Travailler : engage un artisan et le place sur un espace de production personnel pour gagner des ressources.
• Rassembler : prend des cartes d’influenceur et en pose une (action continue, par manche ou PV de fin de jeu).
• Concourir : fait avancer son char pour gagner des PV de manche et des améliorations (marqueurs d’objectifs).
• Prioriser : devient premier joueur et copie une autre action (dépense d’influence).

À côté de ces actions, chaque joueur dispose de 9 objectifs personnels, l’incitant à se développer dans une direction pour les valider. Il n’en validera que 7 au maximum, et seulement s’il a assez fait progresser ses chars. Valider des objectifs en ligne (verticale, horizontale ou diagonale) vous donnera des PV de fin et des bonus immédiats.

Vous comprenez rapidement que vous ne ferez pas tout, que le jeu est riche en options, et que le placement des ouvriers est votre bataille pour profiter de VOS actions, et surtout pour les réaliser avec des bonus.

C’est très intéressant, et on retrouve la patte de Stan Kordonskyi, mais plus proche de Minos que de Rurik. Non pas tellement par le principe du jeu, mais par le downtime lié à la réflexion nécessaire pour choisir la meilleure combo à son tour, suite aux blocages posés par les autres joueurs. On l’a joué à 3, et je suis presque sûr que c’est le nombre idéal, pour limiter la frustration des places disponibles pour les ouvriers. Comme il y a 15 places possibles pour les ouvriers, n’en placer que 9 par manche est bien plus ouvert qu’en placer 12. L’autre comparaison avec Minos est liée au sentiment d’entrer dans le jeu. Dans l’un comme dans l’autre, je reconnais la mécanique et son intérêt, mais je n’arrive pas à rentrer dedans pour m’y amuser réellement.

J’y reviendrai sans doute ce week-end pour le faire découvrir à d’autres, car il aura un public comme Minos, et je n’en refuserai pas une partie future, mais avec une large préférence pour 3 joueurs. Je reste un fan de Stan Kordonskyi, mais plus dans ses épures Rurik / Ivan le Terrible que pour ses choix profonds avec downtime.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *