Last Aurora

Un prix décerné pour les jeux Expert par des Experts

Last Aurora

Personnellement, j’aime que dès ma première partie je me sente immergée dans un univers, que je ressente l’univers qui m’est proposé, que je ne voie plus des pions et des cartes, mais imagine mon personnage évoluant dans le monde. Si en plus je revois en jouant des scènes d’un film qui a marqué mon enfance c’est un gros plus.

Last Aurora est le quatrième jeu de Mauro Chiabatto, mais le premier d’un niveau plus expert, distribué via KS par Pendragon Game Studio. C’est à l’illustrateur italien Davide Corsi que l’on doit les magnifiques dessins immersifs du jeu.

Dans Last Aurora, nous sommes plongé dans un monde glacé façon Mad Max (en plus froid) ou Snowpiercer (mais avec des voitures). Vous avez appris qu’un dernier bateau allait quitter le continent vers le sud (qui n’a pas gelé) et vous n’avez que quelques jours pour traverser 3 régions tout en fouillant les endroits visités pour trouver de quoi rouler, se protéger, se nourrir et quelques survivants qui pourraient renforcer votre groupe.

Au départ, vous avez un camion qui tracte une remorque (sur 2 possible avec sa puissance). Ce convoi comporte deux survivants (un chef et un co-pilote) et quelques ressources (munition pour le canon de l’avant, essence, nourriture). Chaque objet ou personne prend une des places disponibles dans le convoi et vous devrez jongler pour toujours stocker tout. D’autant qu’en chemin on se fera inévitablement canarder, chaque impact rendant inutilisable un des emplacement jusqu’à sa réparation.

Chaque tour de jeu se déroule par phase. La première consiste à une récupération de matériel ou de personne. Une rivière de cartes sont disponibles, plus ou moins loin de votre arrêt du jour. Vous envoyez un de vos survivants, qui pourra, selon sa force sur sa carte, aller plus ou moins loin. Moyennant un apport de nourriture il ira plus loin que son physique ne le permette pour récolter un objet visé. De retour dans votre convoi, il sera fatigué et devra se reposer durant la prochaine halte, à moins qu’à nouveau vous ne lui fournissiez un apport de nourriture.

Outre les biens de première nécessité (munition, essence, nourriture), vous chercherez à mettre la main sur des camions plus puissants (qui tractent plus ou vont plus vite), de nouvelles remorques (plus de place) et surtout à aménager le toit de chaque partie de votre convoi, souvent avec des armes intégrées ou du blindage. Cela facilitera le stockage et donnera plus de possibilité d’engagement de survivants, qui pourront aussi aller chercher des ressources au prochain tour. En plus de la récupération, il y aura un bonus/malus associé à l’endroit visité. De la réparation du convoi (car l’endroit est proche) à l’encaissement de dégâts de contamination nucléaire (car on a pris plus de risques) diminuant votre capacité physique lors du prochain arrêt. Comme la rivière est revue à chaque carte enlevée , chacun a sa chance, même si le premier joueur disposera de plus de choix « neuf » suite au nettoyage de fin de tour.

Quand tout le monde a agi, on démarre les camions (si on a un jeton d’essence) et on se déplace de 2 cases (au début) + les bonus liés au conducteur ou d’autres jetons d’essence. Être le premier arrivé sur certaines zones offre un bonus, tandis qu’une mécanique de retour existe pour les joueurs trop loin du premier (s’ils ont encore leur co-pilote). Des raccourcis existent si vous avez le camion adéquat.

Viennent ensuite les embuscades des gens de la région qui sont plus intéressés de vous dépouiller que de sauver leurs miches de ce désert gelé. Après un premier assaut lors de leur apparition, (définissant l’endroit de l’impact de leur tirs), vient votre chance de riposter. Une munition permet un tir d’une de vos arme et un tirage de carte définit le niveau de réussite selon la qualité de l’arme. Parfois elle s’enraie et devra être réparée pour un usage futur. Si vous touchez, un marqueur se positionne sur l’ennemi et un des joueurs ayant participé au combat pourra récupérer les ressources de l’ennemi une fois mort.

Tous les ennemis (nouveaux ou déjà présents au tour précédent) qui sont encore en état de se battre tirent une nouvelle fois, histoire de maintenir la pression et de forcer les joueurs de s’en défaire. Il y a toujours le même nombre d’ennemis qui apparaîtront durant les parties, mais leur arrivée dépend du tirage des cartes. Visibles sur la rivière, on sait que la menace est là avant qu’elle n’arrive, vous permettant de mettre le focus sur les munitions et les réparations d’urgence.

On termine la manche avec une réorganisation de la rivière et la définition de l’ordre du tour, le premier (le plus proche de l’arrivée) étant le dernier à choisir lors de la récupération, offrant une mécanique naturelle de retour. Lorsqu’enfin un joueur atteint la bateau, le tour se termine et on calcule les PV. Cela prend en compte la différence de cases entre le joueur et le dernier sur le parcours, ainsi que vos ressources et survivants (de préférence en bonne santé) et vos actes de combats durant la partie.

Le plateau est double face et après votre première partie de découverte, vous utiliserez le plateau un peu plus complexe qui vous permettra plus de choix dans les bonus de récupération, incluant une possibilité d’avancer en dehors de la phase normale de déplacement. Des avalanches seront aussi au rendez-vous ralentissant certains passages.

Je ne soulignerai pas assez la qualité des dessins des cartes du convoi. Les améliorations de toits s’adaptent impeccablement et sont fournies avec des détails visuels en parfaite conformité avec les bonus apportés par la carte. On a ainsi facile de rentrer visuellement dans le jeu et s’imaginer dans Walking Dead à chercher à trouver un bien rare dans un bâtiment abandonné lors des récupérations, pour ensuite se retrouver dans Mad Max, canardé par des ennemis surgit de nulle part.

Niveau mécanique, c’est une course, on le sait dès le départ. On soulignera que la mécanique de retour empêche de prendre une réelle avance sur les autres joueurs et on finit globalement sans réelle avance sur les autres, les PV se récoltant alors surtout sur le nombre de survivants ramenés au bateau. C’est d’ailleurs la partie win-win du jeu, car avec plus de survivants vous récolterez plus de ressources et aurez plus de moyens et plus de PV de fin de jeu. Il faudra donc éviter de laisser les autres cumuler les survivants pour équilibrer les chances. Pour le reste, c’est à celui qui gèrera le mieux ses ressources qui l’emportera.

Last Aurora est un jeu super plaisant, tendu avec ses dégâts encaissés à réparer, ses contaminations à soigner et son stock à gérer. Le visuel permet de se projeter dans le jeu de bout en bout et de sortir de la partie avec le sentiment d’avoir participé à une belle aventure un peu amorale et sanglante par moment. Plus du niveau Connaisseur qu’Expert, on ne regrettera que les quelques longueurs des derniers tours quand les joueurs disposent de plein de survivants et d’autant d’actions à réaliser.  Pas vraiment punitif avec sa mécanique de retour, il permet d’être partagé avec tout niveau de joueur. Alors, prêt pour l’aventure sur terre glacée ? 😊

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