Cloudage

Un prix décerné pour les jeux Expert par des Experts

Cloudage

Cloudage de Alexander Pfister et Arno Steinwender publié chez DLP games

Un Pfister c’est toujours une attente, même s’il souffle le chaud comme le froid. Restant sur Maracaïbo, c’est donc chaud que je découvre les règles. A la lecture je comprends deux choses : On aura un jeu léger (deux types d’action au départ qui peut monter à 3 plus tard) et qu’il est à apprentissage. En effet, si vous respecter les règles, vous ne jouerez pas avec l’entièreté du jeu à vos premières parties. Un système de chapitre ou scénarios, qu’il semble affectionner actuellement, est proposé et à chaque étape on ajoute un pan de règle en plus. On se lance donc dans les explications de base en famille, d’autant que c’est sans doute le niveau visé (10 ans et plus, 1 heure de jeu à 3).

Le plateau central se compose de 3 tuiles à hexagones (qui seront 4 au chapitre 2) pour déplacer nos dirigeables de ville en ville, cachées dans les nuages de poussière suite aux feux déclenchés par la faction Cloud qui règne avec les armes sur le pays. Notre dirigeable (plateau personnel) peut être amélioré en arme et en déplacement au cours du jeu, tout comme on jouera des cartes de sa main pour avoir d’autres bonus (déplacement, arme, PV, …). On jouera 7 tours (symbolisés par des cubes laissés sur la ville sur laquelle on termine le tour) et on démarre avec un paquet de cartes de valeur allant de 0 à 3.

On commence par transformer de l’énergie en eau (monnaie locale) selon son développement de production et ensuite par tirer 2 cartes, la plus petite sera un bonus (carte ou énergie) et la plus grande notre capacité de déplacement du tour. Ensuite on se déplace en terminant obligatoirement sur une ville dans les nuages (ou on reste sur place), où l’on peut combattre (moyennant éventuellement une dépense en énergie) la faction Cloud pour gagner des bonus (sans obligation).Enfin, chaque joueur choisit entre deux options :

  • Construire deux choses, entre upgrade du vaisseau payé en pierre et la pose de cartes en eaux.
  • Sélectionner une des cartes de ville, masquée par un sleeve de nuages, sur laquelle on récoltera l’énergie, l’eau, la pierre ou de nouvelles cartes.

C’est là que se trouve la vraie nouveauté sympa du jeu. Les cartes de ville ont une répartition des 4 ressources différentes sur le dessin et celui majoritaire rapportera 3 ressources, le deuxième 2 et les autres 1. Il faut donc essayer de deviner sur base d’une partie du dessin quelle ressource rapportera le plus (surtout sur quelle carte vous aurez le meilleur rapport de la ressource que vous visez). En plus, deux symboles sont en bonus, une clé à molette (un upgrade du vaisseau) et un ticket (qui permet de défausser une carte de votre défausse, la plus petite évidemment). Ces symboles sont parfois visibles vous permettant de deviner sur quelle ressource il se trouve, parfois pas. Comme chaque joueur se positionne sur la carte choisie par le joueur actif (sur les ressources qui n’ont pas été choisies), chacun essaie de deviner et choisir ce qu’il voudrait. La carte de la ville (allant de 2 à 4) est ajoutée dans la défausse du joueur actif et tournera donc dans ses valeurs tirées.

Dans les chapitres suivant on ajoutera des objectifs à atteindre et la possibilité de réaliser des plantations sur la terre pour refertiliser le monde, ainsi que des objectifs et cases nouvelles liées à l’aventure, tout comme Alexander l’a fait pour Maracaïbo (les tuiles L 🙂 ).

C’est simple, puisque progressif, cela se joue vite (20 minutes par personne pour une première partie, sans doute moins après) et s’il y a du texte en anglais sur les cartes, les icônes suffisent à les comprendre. Par contre, si vous espériez un jeu expert avec des poils, on n’y est pas. C’est un jeu d’entrée dans un niveau Connaisseur, un de ces jeux passerelles pour permettre progressivement à des amis qui en sont encore au familial de jouer avec vous petit à petit à quelque chose de plus complexe sans leur faire mal aux neurones. Si on sait que c’est ce qu’il le propose, on peut dire qu’il le fait bien. D’ailleurs ma femme (je me sens comme Colombo 😉 ), qui préfère les Connaisseurs aux Experts, a été de suite emballée et je sais que je ferai l’ensemble des chapitres. Par contre, les joueurs experts qui l’ont acheté sur base du nom de l’auteur en espérant quelque chose de complexe risque fort de le mettre en vente d’ici peu en seconde main. Question de public, pas de qualité.

On en discutait il y a peu (Cyril, Ben des bisous), il ne faut certainement pas vous arrêter à une seule partie de Cloudage, Chaptire 1, car vous n’avez encore rien du jeu. C’est sans doute difficile dans notre société de consommation ou on achète plus de jeux qu’on n’a le temps d’y jouer et que l’on se fait une idée du jeu en une seule partie, comme des speed dating, décidant ainsi de garder ou jeter. Pourtant, des décisions de l’auteur nous sembleront ridicule (moi le premier) sur la première partie, comme ces cubes que l’on place même si l’on ne gagne pas le combat ou si on reste sur place, mais leur inutilité des premières parties (autant un simple marqueur de temps) prendront tout leur sens au fil des règles qui s’ajouteront. Pour peu qu’on lui laisse le temps d’ajouter des règles…

Cloudage est donc un jeu puzzle, qui se construit au fil des chapitres pour peu que l’on prenne le temps de parcourir tout le livre. Soyez-en conscient lorsqu’il faudra décider de son achat et ayez le public qui fonctionnera avec. Dans mon entourage je vois bien à qui le conseiller… et le déconseiller !

Une réponse

  1. Estivers dit :

    Merci pour cette review ! Je cherchais à savoir ce que donnerait ce nouveau titre et j’ai l’impression que ton billet est très éclairé et éclairant.
    J’ai autant aimé Mombasa que Isle of Skye (par pour les mêmes raisons) et je suis contente qu’il revienne sur un public connaisseur plutôt qu’expert. Il rappelle qu’il est un auteur très riche qui a déjà récolté un Spiel avec l’excellent Broom Service (qui a eu du mal à trouver son public j’ai eu l’impression, malgré l’indéniable qualité du titre, entre la rejouabilité et la qualité d’équilibrage qu’il a certainement fallu pour qu’il soit aussi qualitatif à deux joueurs qu’à cinq ou encore le génie qui fait qu’on a l’impression qu’il y a quatre extensions dans le jeu… alors que non… c’est juste qu’il y avait plein de bonnes idées pour moduler le jeu).

    Dommage que notre communauté experte parle rarement des autres perles de cet auteur qui est un très bon initiateur de nouveaux joueurs =) .

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