Perseverance – Episode 3

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Perseverance – Episode 3

L’arrivée de l’épisode 3 (et du 4) de Persévérance (Mindclash Games, David Turczi, Richard Ámann, Thomas Vande Ginste, Viktor Péter), c’est le plaisir de replonger dans une aventure commencée il y a quelques années. C’est comme retrouver des acteurs d’un film dont on a plusieurs fois vu les premiers opus, en étant impatient de connaître la suite de leurs aventures. Après avoir débarqué sur une île peuplée de dinosaures agressifs, monté des défenses, construit notre ville-refuge et été explorer les marais proches pour découvrir un temple ancien, que va-t-il encore nous arriver ? On a hâte de le découvrir !

Je plonge dans le livre des règles pour vérifier que l’on est en pays connu. Le principe de base du dé commun à utiliser, la ville où l’on active des actions, les aventures dans les terres et surtout les assemblées sont toujours présents. Alors qu’est-ce qui a évolué ?

Désormais, les dinosaures capturés peuvent être montés (ils ont une selle adaptée à leur taille) afin de les utiliser pour nous enfoncer encore plus dans le marais, puis la jungle et les collines. On y découvrira de nouveaux temples, chacun dédié à un type de dino. La recherche dans les terres sauvages est plus agréable que lors de l’épisode 2 : les dinosaures utilisés pour s’y aventurer sont compensés par la capture de ceux qui gardaient la case. Il faudra les dresser, mais chacun servira à quelque chose.

Pas de problème pour un nouveau joueur de s’intégrer dans cet épisode, même s’il est plus simple d’avoir quelques bases des opus précédents. La mise en place est longue et l’explication des règles l’est encore plus (30–40 minutes), tant il y a de notions différentes et d’icônes à découvrir. Il est certain que les nouveaux joueurs entament la partie un peu dans le flou, dans une profusion d’informations et avec une faible conscience du poids de leurs choix. Mais c’est le lot de tous ces nouveaux réfugiés de l’île : la découverte de l’inconnu.

Lorsque la partie débute (sur quatre tables normales, et encore, c’était un peu juste !), tout le monde comprend que ce sera une partie qui se joue debout. Trop d’informations sur la table, de petites icônes, des pièces à l’un ou l’autre bout. Si vous aimez être bien assis et avoir tout à portée, ce jeu n’est pas pour vous.

On part sur huit manches au cours desquelles on ne fera que deux actions : une principale (utiliser un dé pour agir en ville ou partir découvrir les lieux dans les terres sauvages) et une secondaire (activer nos ranchs ou une action liée aux responsables de zone). C’est peu, et franchement, au sortir de la partie, on se dit qu’on n’a pas fait grand-chose, car une part de nos choix est liée aux objectifs que chacun a et aux moyens que l’on se devait d’acquérir (ressources, troupes, dressage, …).

Ces actions très réduites font que l’on essaie de ne pas les perdre pour rien. Dès lors, les temps de réflexion de chacun sont longs. Et si l’on a le malheur de s’être mis en tête un cycle de trois tours pour lesquels les actions à faire sont « logiques » ou « obligatoires » pour développer son personnage, ce sont vite de longues minutes d’attente que l’on subit avant de passer à autre chose. D’autant que l’interaction existe avec des placements de cubes, de maisons, des réservations d’objectifs, et qu’il n’est pas rare que même un joueur ayant clairement son action en tête revoie soudainement ses priorités.

On a passé 2 h 24 de jeu (+ 40 minutes d’explication, 30 minutes de mise en place et de rangement), ressenti de 3 h. La majeure partie des points de jeu et des retournements dans le scoring a lieu dans les derniers tours, suite à tous nos choix durant le début de la partie. Un poil de chaos dans les objectifs de fin, parfois contrés par hasard par nos adversaires, peut être à déplorer.

Malgré ces bémols (espace de jeu, downtime), on reste content d’avoir vécu la suite de ces aventures, car cela prolonge l’histoire. Les PV de fin sont importants et peuvent renverser tout le travail des joueurs en cours de jeu sur base de quelques calculs d’influence. Ce qui est toujours étonnant (mais connu), c’est le calcul de l’objectif des joueurs lors de leur dernier tour et pas à la fin de la partie, ce qui a un impact non négligeable.

Persévérance – Épisode 3 – est un jeu qui nécessite d’être joué et rejoué pour mieux maîtriser ses choix et leurs impacts, et il est malvenu d’être catégorique à son sujet. Son matériel est, comme souvent avec Mindclash, de bonne qualité (de multiples trays, des figurines à peindre). Si je devais classer cet opus parmi les précédents, je le situerais juste après le premier, dont j’avais apprécié la pression posée par les dinosaures qui attaquaient le camp de base. Ici, on est plus cool, on sent que l’on maîtrise notre milieu et que le développement est en marche. Puisqu’il y aura un épisode 4, je terminerai par un « À suivre » 😊

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